Coaching ? (diffusé sur IdFM radio le 16 novembre 2018)

Fichier audio :

Qu’est ce que le coaching ?
Je pratique cette activité depuis plus de 20 ans et je suis toujours étonné par les fausses idées qui circulent à son sujet
Ce mot anglais est d’origine française.
D’après Wikipédia, le sens premier de « coach », « grande voiture à chevaux » fabriquée à Kocs en Hongrie au xvie siècle, appelée coche , en français, a amené, vers 1830, le sens figuré « instructeur / formateur », dans l’argot de l’Université d’Oxford. Il désignait alors un tuteur, un mentor, qui « transporte » l’élève vers un examen ; le sens « entraîneur sportif » serait apparu vers 1861.

Le coaching moderne est apparu au début des années 60, en s’inspirant des travaux de l’école de Palo Alto en Californie, d’abord dans le monde du sport, puis, à partir de 1980 dans le monde de l’entreprise.

A l’origine, le coach accompagne accompagne les sportifs de haut niveau pour les aider à donner le meilleurs d’eux même. Ils travaillent à la fois sur le plan physique et sur le plan psychologique. Ce sont souvent eux mêmes d’anciens sportifs, capable de bien comprendre la problématique de leurs clients. Ils ajoutent à cela des compétences en psychologie pratique, pour savoir écouter, comprendre et guider leurs clients afin qu’ils puissent déployer tout leur potentiel.

A partir de 1980 aux états Unis, puis dans les années 90 en France, Le coaching se déploie dans les entreprises. Le parallèle n’est pas difficile à faire, puisque les entreprises sont lancées, et de plus en plus aujourd’hui, dans une compétition féroce. Sa raison d’être est d’aider les cadres dirigeants à atteindre leur objectifs, qui sont de plus en plus difficiles à atteindre et qui demandent souvent des capacités de créativité et d’adaptation au changement peu courantes.

Aujourd’hui, ce mot, à la mode et valorisant, est utilisé pour beaucoup d’autres activités en dehors du sport et de l’entreprise. Je citerais comme exemple les coach de vie, la psychothérapie, les coach de vie amoureuse, les coach d’image personnelle, de la façon de s’habiller, etc.

Je ne vous parlerais que des coach d’entreprise, qu’en bon français, nous devrions plutôt appeler accompagnateurs ou guide.

Symboliquement, le sens premier, coche, est intéressant puisque le rôle du coach est effectivement d’accompagner son client d’un point A à un point B, d’une situation présente à une situation désirée.

le rôle du coach en entreprise n’est pas de donner des conseils, et encore moins de prendre des décisions à la place de son client. Il pratique avant tout la maïeutique de Socrate. Il pose des questions, il écoute attentivement les réponse, il décrypte le non-verbal, il reformule, il aide son client à changer son regard sur la réalité, à voir les angles morts et surtout à déployer toutes ses ressources pour atteindre ses objectifs.
Exerçant depuis plus de 20 ans, je suis frappé du nombre de dirigeants et de cadres de haut niveau qui se limitent, qui n’utilisent qu’une partie de leur potentiel.
Cela est souvent du à l’intensité de leur activité qui se focalise souvent dans une ou deux directions et qui fini par leur faire oublier le reste, oublier qu’il y a d’autres moyens pour atteindre leurs objectifs.

« Si ce que tu fais ne marche pas, fait autre chose ! ». Paul Watzlawick, de l’école de Palo Alto, a très bien décrit, par exemple, le phénomène du « plus de la même chose ».
J’envoie un mailing par la poste de 100.000 adresses, qui me coute très cher et j’ai très peu de retour. Au lieu de remettre en question la conception de mon processus de prospection, je peux être tenté, parce que dans le passé, j’ai fait des mailing papier qui fonctionnaient bien, de refaire le même mais avec 200.000 adresses. Et, bien sûr, il me coutera 2 fois plus cher et me rapportera 2 fois très peu de retour, c’est à dire pas grand chose.

Je donne cet exemple pour illustrer comment, lorsqu’on est pris dans le feu de l’action, seul, sans personne pour nous aider prendre de la hauteur, nous pouvons arriver à prendre de mauvaises décisions, qui peuvent, dans certains cas, être dangereuses pour l’entreprise.

Le coach, l’accompagnateur, aide à remettre en question les habitudes, les processus de décision, les organisations. Il ne dit pas comment faire car son client connait la situation infiniment mieux que lui, mais il pose les bonnes questions, celles qui clarifient la situation, révèlent et activent les ressources du coaché et aident à prendre de la hauteur et à gagner en efficacité.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *