Entreprise et Bienveillance

Chronique de novembre 2019

 

Pour certains, le mot Bienveillance vient du latin benevolens qui signifie « vouloir du bien ». Mais qu’est ce que le bien et comment peut se traduire le vouloir, en terme de comportement.

D’autres disent qu’il vient de « Bona Diligentia » qui veut dire « Bonne vigilance ». Mais là aussi, qu’est ce qu’une bonne vigilance ?

Suite à ces 2 interrogations, le mot bienveillant est sujet à toutes les interprétations. 

J’ai commencé à m’y intéresser à travers le bouddhisme qui parle de compassion, c’est la même chose, et, lorsqu’il y a longtemps, j’étais un militant convaincu d’ « En Marche » et qu’Emmanuel Macron prônait la bienveillance.

Je me suis alors aperçu, lorsque je distribuais les tracs, que ce mot avait un sens presque péjoratif pour beaucoup de gens. Ils associaient la bienveillance au laisser faire, à la faiblesse, à vouloir faire plaisir à tout le monde, à l’indulgence, à la gentillesse aveugle, ils me disaient : c’est les Bisounours, ça ne sert à rien, c’est de la connerie !

Tout cela m’a amené à définir plus précisément ce que je crois être la bienveillance. En revenant à l’étymologie latine, bienveillance signifie avant tout chercher le bien, l’intérêt commun et agir dans ce sens, mais aussi être vigilant, comprendre la complexité des enjeux pour agir dans l’intérêt de tous. 

A quoi ça sert la bienveillance ?

Déjà à rendre la vie agréable, on est plus heureux dans un monde bienveillant que dans un monde de critiques, de manipulation et de conflits. 

De plus notre cerveau a un fonctionnement bien particulier. il est constitué de 3 parties principales : le Reptilien qui gère les réflexes,

le Limbique qui gère les émotions et le Cortex qui est la partie logique, celle qui gère l’intelligence et la créativité.

Et quand nous sommes en colère, ou triste, le limbique ne laisse pas passer les informations jusqu’au cortex et limite ainsi notre intelligence et notre créativité. Au contraire, lorsque nous sommes en confiance, dans une atmosphère bienveillante, le limbique laisse le cortex développer toute son intelligence et sa créativité.  Nous sommes plus intelligents et créatifs dans un milieu bienveillant.

Cela permet à tout les talents de se développer, et en particulier, cela permet d’installer l’intelligence collective dans les organisations. 

L’égocentrisme est un poison qui a fait échouer beaucoup de beaux projets. Lorsqu’il est plus important d’essayer d’imposer ses idées, et aussi son pouvoir,  que de travailler ensemble pour résoudre les difficultés de la façon la plus intelligente, le gaspillage et l’échec ne sont pas loin.

Peu de gens contestent qu’en ce qui concerne les êtres humains au travail, 1+1 n’égale pas 2, mais 3 ou 4, selon les capacités d’écoute et de collaboration des personnes concernées. 

Mais comment faire pour passer de l’égocentrisme effréné qui sévit encore dans beaucoup d’organisations à la collaboration intelligente qui commence à émerger ça et là ?

C’est tout d’abord une question de culture, de croyances partagées sur soi, les autres, le travail et l’organisation. 

Nous dépensons souvent beaucoup de temps et d’énergie pour acheter un téléviseur ou une voiture, en croyant y trouver le bonheur et nous faisons si peu pour développer la bienveillance en nous et autour de nous, alors que, je le crois, le vrai bonheur est là.

L’enjeu est très important pour nous et pour la suite de l’histoire de l’humanité. C’est une démarche collective, mais aussi et surtout individuelle.

Un outil est intéressant pour cela : les trois passoires de Socrate. Avant de parler, Socrate nous propose 3 passoires, 3 questions : 

Est tu sur que ce que tu vas dire est vrai ?

Est ce utile de le dire ?

Est ce que cela va faire du bien ?

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